Tunisie : Sihem Bensedrine à Ben Ali : Partez Monsieur le Président !

Tunisie : Sihem Bensedrine à Ben Ali : Partez Monsieur le Président !

Monsieur le président, partez Lettre ouverte au président Ben Ali Monsieur le président; Vous avez mal gouverné la Tunisie durant plus de vingt ans et vous venez de vous octroyer cinq autres années de pouvoir absolu sur nos vies et notre avenir. Votre règne reste aux yeux des Tunisiens celui de l’injustice, des atteintes à la dignité du citoyen, du népotisme, du développement de la corruption et de la dilapidation des ressources humaines et matérielles de notre pays. La Tunisie va aujourd’hui à la dérive, menée par on ne sait quelle force occulte face à un Etat absent et marginalisé. Vous vous êtes affranchi de cette morale tacite qui faisait qu’en Tunisie les puissants ne pouvaient pas être trop puissants et les pauvres trop misérables, générant ainsi une forte classe moyenne et faisant de la Tunisie un pays prospère et équilibré. Votre régime qui tablait sur le «consommez et taisez-vous», a rompu ce deal et permis tous les excès, plongeant de larges franges de cette classe moyenne dans le dénuement et favorisant l’enrichissement illicite de quelques bénéficiaires du clientélisme d’Etat. La rébellion du bassin minier n’est, au bout du compte, qu’une saine réaction symptomatique de ce naufrage qui n’a épargné aucun secteur de l’économie.

Cette politique prédatrice a inexorablement entaché les acquis qui faisaient la fierté des Tunisiens. Nos universités et nos écoles qui soutenaient la concurrence avec nombre d’institutions européennes ont périclité sous l’effet du nivellement par le bas et la marginalisation des compétences insoumises. Nos hôpitaux et structures de soins tombent en ruines et les cadres performants sont découragés. Nos institutions républicaines ont été dévoyées et la Justice est désormais un lieu où le droit se vend et s’achète, réduite à une annexe de la police politique qui lui dicte des « injonctions ». Les juges intègres qui résistent encore à cette dégénérescence sont marginalisés et sanctionnés. Le parlement nommé par vos services à l’issue d’une farce électorale est devenu une machine à produire des lois vidées de tout sens du droit. Notre presse est naufragée par l’action conjuguée de la censure et de cette « presse-poubelle » qui pollue l’espace médiatique et déprave ses mœurs. Les compétences fuient le pays comme on fuie une jungle qu’aucun droit ne régule. Cette Tunisie qui a tant d’atouts pour figurer en bonne position dans le peloton des pays développés est aujourd’hui prise en otage par les clans qui vous entourent et son élan bridé. Votre police tire sur tout ce qui bouge, moleste, insulte, arrête et terrorise les voix pacifiques qui tentent d’alerter sur cette dérive. Vous êtes affaibli et la guerre pour votre succession est ouverte dans votre sérail, sans que les citoyens tunisiens n’aient la moindre idée sur comment la transition sera assurée ou si les lois de la République seront respectées. Votre épouse, introduite en contrebande dans notre paysage politique, a aujourd’hui l’ambition de diriger notre pays. C’est une perspective effrayante. Non pas que nous ne voudrions pas être dirigés par une femme – des femmes d’envergure et intègres existent dans notre pays et je serais fière de voir l’une d’elles à la tête de la Tunisie - mais votre femme a eu des comportements peu éthiques qui ne rassurent pas sur sa capacité à préserver le patrimoine public du pillage des siens. Son sens du droit et de l’intérêt public semble déficient et je doute qu’il y ait beaucoup de Tunisiens qui en veulent pour dirigeante. Je crains que son ambition n’expose la paisible Tunisie à un cycle de violences dont personne n’est capable d’en présager l’issue. Monsieur le président; je ne vous félicite pas pour ce 5e mandat ; Vos services ont dû vous le rapporter, cette mascarade électorale n’a convaincu personne, pas même les troupes du RCD essoufflées et à court d’imagination. Leurs bannières vous glorifiaient comme un Dieu, mais le cœur manifestement n’y était plus. Voyez-vous monsieur, un cinquième mandat, ce n’est pas vraiment convaincant ! « A vaincre sans péril on triomphe sans gloire », disait Corneille. Il n’y a pas eu de compétition, ni d’arbitre, encore moins un scrutin où la volonté populaire était respectée contrairement à ce que vous avez dit dans votre discours d’investiture. Tout juste une mise en scène sans génie avec de faux témoins. Vous avez clôturé votre campagne par un discours fait d’avertissements et de menaces à l’adresse de ceux qui avaient osé mettre en doute la sincérité du processus électoral. Vous avez repris ces mêmes menaces dans votre discours d’investiture où vous aviez dénié patriotisme et honneur à tous ceux qui ne vous font pas allégeance. En sortant de votre obligation de réserve, vous avez pris le parti de vous afficher comme le président d’un clan. Vous avez déclaré la guerre à tous les Tunisiens qui vous reprochent d’avoir mal gouverné la Tunisie, dilapidé ses ressources et hypothéqué son avenir après avoir bâillonné ses medias et asservi sa Justice. Monsieur le président; Ces Tunisiens n’ont pas de leçons de patriotisme à recevoir des clans qui parasitent l’Etat et son administration, propageant des mœurs politiques indécentes qui insultent notre civilité et nous font honte. Ces Tunisiens, monsieur, ont résisté durant vos 22 ans de règne absolu aux lâches attaques de votre police politique, aux représailles familiales, à la faim à laquelle vous les avez réduit, les privant de leurs droits élémentaires à une vie digne, à un toit, à un travail, à la liberté de se déplacer. Vous avez fait tout cela en proclamant votre respect pour les droits humains et en ratifiant les conventions internationales qui les protègent. Mais vous n’avez pas réussi à les réduire au silence. Ils ont survécu à vos bulldozers et trouvé un soutien auprès des sociétés civiles algériennes, marocaines et plus largement arabes et internationales, qui ont tissé un véritable bouclier de solidarité autour d’eux. C’est ce que vous qualifiez d’« appui sur les forces étrangères »; Cela n’est pas pour vous plaire évidemment! Vous aviez déclaré que « le vrai patriote est celui qui répugne à porter son différend avec son pays hors des frontières nationales ». Notre différend, monsieur, n’est pas avec notre pays que nous aimons si fort que nous sommes prêts à braver votre sinistre machine répressive pour le défendre. Notre différend est avec vous et votre régime qui étouffe la Tunisie et hypothèque son avenir. Dites moi, quand avez-vous accepté de dialoguer avec vos contradicteurs ? Le seul outil de « dialogue » que vous avez consenti à manier est le bâton de vos policiers et la violence verbale de vos barbouzes de la plume. Non seulement vous avez dénié le droit à l’existence légale à toutes les ONG indépendantes, mais même les associations professionnelles qui avaient osé manifester des velléités d’indépendance ont subi des putschs et les membres des bureaux légitimes ont été persécutés, comme cela a été le cas pour les magistrats et les journalistes. Vous avez empêché la LTDH, la plus ancienne ONG de droits humains, de remplir son mandat d’observatoire vigilant du respect des droits humains. Vous avez toujours perçu la posture citoyenne comme une attitude hostile et le devoir de vigilance propre à toute société civile comme une menace sur la pérennité de votre régime qui fonctionne dans l’opacité la plus totale couvert par la loi de l’omerta. Et vous avez certainement raison, car votre régime est perçu par nous tous comme l’ennemi de notre pays. Monsieur le président; Ces étrangers que vous nous accusez de chercher à introduire dans votre « forteresse » et qui menacent votre « souveraineté » ne les aviez vous pas qualifié tantôt d’amis ? La France que vous stigmatisez aujourd’hui, n’est-t-elle pas le principal soutien à votre régime ? N’est-elle pas la principale puissance européenne qui vous « protège » du devoir de rendre compte de vos manquements à vos engagements pris dans le cadre des accords d’association avec l’Union Européenne, dont vous réclamez aujourd’hui le statut avancé ? Renierez-vous maintenant ces accords par lesquels vous êtes engagé à promouvoir l’Etat de droit et la démocratie en Tunisie et en vertu desquels vous acceptez une évaluation périodique de l’état d’avancement de cette démocratie? Lorsque le président de la France déclarait contre toute évidence que « l'espace des libertés progresse» en Tunisie, vous n’avez pas à ce moment là crié à l’ingérence ! Par contre lorsque le ministre des Affaires étrangères du même pays se dit « déçu par les arrestations de journalistes en Tunisie », les jugeant « inutiles», là vous criez à l’ingérence ! Lorsqu’un Eric Raoult (fréquemment invité par l’ATCE à effectuer des séjours dans les palaces tunisiens) se fond en flagorneries sur votre politique éclairée, il ne fait pas de l’ingérence. Mais lorsqu’une Florence Beaugé fait sereinement son travail de journaliste, elle est accusée de nostalgie colonialiste. L’apologie serait donc la bienvenue et la critique illicite ! Monsieur le président, je ne vous félicite pas; Vous avez perdu la bataille médiatique et vous en attribuez, à juste titre, la victoire à Taoufik Ben Brik. Vous aviez cru qu’elle se gagne par vos posters géants qui envahissent nos murs et les articles commandés aux mercenaires de la plume à l’étranger. C’est ainsi que vous percevez vos élections, une simple joute médiatique ! Mais le langage de la vérité triomphe toujours, vous savez ! Vous avez entamé votre cinquième mandat en embastillant mon ami Taoufik Ben Brik et vous vous êtes vengé de lui en le détenant dans des conditions dégradantes. Personne ne croit à ce montage juridico-policier mal ficelé où une pauvre bougre prétend avoir été agressée par Taoufik devant une école primaire où elle n’avait aucun enfant à chercher. Si le sort des femmes violentées vous préoccupe tant, monsieur le président, vous auriez commencé par interdire à vos policiers de violenter les femmes défenseures de droits humains et surtout, vous auriez laissé votre justice poursuivre les coupables et statuer sur leurs multiples plaintes classées sans suite. Nul n’ignore que ce sont les écrits de ce poète qui vous ont tant irrités et qui lui valent votre lettre de cachet. Dans les pays démocratiques, ce genre d’articles sont monnaie courante et ne conduisent pas en prison ; « On ne met pas Voltaire en prison » monsieur ! En agissant ainsi vous révélez la grande fragilité de votre régime caché derrière un masque en carton pâte, reconstruit chaque jour par votre agence de propagande, l’ATCE, à coup de milliards par an, pour reproduire par le verbe mensonger, une image artificielle d’un miracle économique et politique auquel vous êtes seul à croire. Les jeunes, monsieur le président, ont voté pour votre miracle en fuyant le pays par milliers. Les plus récents, ce sont ces 4 sportifs qui ont déserté l’équipe nationale pour se réfugier au Canada portant ainsi à 140 le nombre de sportifs de haut niveau qui ont fui la Tunisie. Sans parler des dizaines de milliers qui traversent la méditerranée au péril de leur vie pour échapper à un avenir confisqué. Une véritable réussite économique, monsieur, attire plus qu’elle ne fait fuir. Monsieur le président ; Vous avez lâché vos cerbères sur tous ceux et celles qui sont l’honneur de ce pays. Ces barbouzes de la plume payés par l’argent public insultent, diffament à longueur de colonnes en des termes qui déshonorent la presse tunisienne et avilissent nos mœurs. Jamais nous n’avons été si bas dans la gestion de l’espace public que vous monopolisez vous et vos proches. La fiabilité est la première qualité d’un Etat qui se respecte. Sous votre règne, le mensonge d’Etat est devenu un sport national pratiqué par nombre de vos ministres et commis. Vos policiers de la plume sont passés maîtres dans l’art du faux et de l’usage de faux. Voila maintenant qu’ils nous accusent d’être des espions d’Israël recherchés par les Palestiniens et les Libanais. Cet appel au lynchage vous discrédite. Notre honneur de défenseurs des valeurs universelles de liberté et de droits fondamentaux est intact. Les Palestiniens et les Libanais qui nous connaissent, pour avoir vérifié notre attachement à leurs justes causes sur le terrain et sous les bombes israéliennes, le savent et vous aussi vous le savez pertinemment. Cette manière d’abuser d’une cause juste pour trainer des citoyens dans la boue est indécente et témoigne du peu de cas que vous faites de cette cause. Si l’un de vos barbouzes attente à notre vie, tout le monde sait que vous en serez seul tenu pour responsable. Monsieur le président, partez; Les Tunisiens n’espèrent plus rien de vous, sinon votre départ et celui des clans qui vous entourent. J’en appelle à la conscience citoyenne des responsables politiques intègres ; J’en appelle à la conscience citoyenne des cadres intègres du RCD ; J’en appelle à la conscience citoyenne des cadres intègres de notre administration ; J’en appelle à la conscience citoyenne des magistrats intègres au sein de l’institution judiciaire ; J’en appelle à la conscience citoyenne des cadres intègres dans les corps de la police et de l’armée ; J’en appelle à la conscience citoyenne des militants des vrais partis d’opposition ; J’en appelle à la conscience citoyenne des acteurs courageux de la société civile, femmes, syndicalistes, artistes, journalistes, défenseurs de droits humains ; à tous les démocrates et tous ceux que le devenir de notre patrie importe ; Sauvons notre pays, sauvons la Tunisie, avant qu’il ne soit trop tard. Sihem Bensedrine

Commentaires (3)

1. AZZOUZ 05/06/2010

Nouveau tour de vis contre les droits de l'homme en Tunisie
: Sihem Bensedrine répond à Ben AliLe 19 mai dernier, le Conseil des ministres tunisien adoptait un projet de loi dite des « traitres », elle vise les activistes de droits humains et assimile leur travail de plaidoyer auprès de l’Union européenne à de l’espionnage. Une campagne de calomnies contre les défenseurs des droits de l'homme a accompagné cette loi. Un appel au lynchage est lancé par les thuriféraires du régime contre notamment Sihem Bensedrine en tant que dirigeante du CNLT et de Radio Kalima. Cette lettre constitue sa réponse à la campagne de dénigrement.
Adresse au patron des services spéciaux et à son adjoint, le Ministre de la propaganda
Votre acharnement nous honore
La nouvelle de l'adoption du projet de loi qui sanctionne l'atteinte à la sécurité économique de la Tunisie m'a transportée de joie; Des illusions m'envahirent l’espace de courts instants: enfin, l'Etat tunisien va protéger l'économie de notre pays des rapaces qui l'ont mise à sac, sapant les chances des générations futures. Enfin, les autorités se sont décidées à mettre le holà à l'utilisation abusive du pouvoir à des fins d’enrichissement illicite des potentats et de leurs proches.
Mais la campagne hystérique qui a tenu lieu d'exposé des motifs, m'a brutalement rappelée à la triste réalité. L'amendement proposé, s'est avéré destiné à réduire au silence les voix qui s'élèvent contre le pillage des biens publics et à protéger les faussaires.
Le recours à un tel genre de loi scélérate qu'on ne retrouve qu'en Corée du Nord, est en soi un aveu d'échec de votre machine de propagande qui s'essouffle. Il ne vous reste plus que vos hordes déchaînées et la calomnie, l'arme des lâches.
J'ai décidé aujourd'hui de vous infliger la vérité, plus terrible encore que vos calomnies, elle sera ma première et dernière réponse à votre imposture.

Gouverner par la salissure

Hitler avançait souvent la devise «je pourrirai tout», qui résumait sa méthode pour dominer les sociétés conquises par la force. Il semble que vous l’ayez faite vôtre.
Vos services sont revenus à leur exercice favori, la salissure des dissidents. Dès le départ, vous avez dénié à tout citoyen, armé de ses seules convictions, le droit de ne pas partager vos choix et de le faire savoir. Fuyant vaillamment la confrontation des idées, vous avez donné libre cours à votre prédilection pour les procédés avilissants infligés à vos contradicteurs dont vous avez fait un mode de gouvernement.
Vous avez fait de l’atteinte à l’honneur de vos opposants par des vidéomontages, photos truquées, écrits pornographiques étalés sur vos journaux de caniveau, la marque distinctive de votre régime. Ces «œuvres d’art» inaltérables exposent votre fonds de valeurs limité à une pathologie de dépravés sexuels et révèlent tout autant une foi très ébranlée en votre propre capacité de persuasion.
Plus encore qu’un mépris pour le monde intellectuel, cela témoigne, surtout, du peu d’estime que vous vous portez. La haine que vous nourrissez pour la vie et la liberté enlaidit tout ce sur quoi votre regard se porte et vous empêche d’apprécier la beauté.
Ce besoin constant de ravaler la façade de votre régime en ruines en affichant de fausses performances, témoigne du fait que votre image réelle vous insupporte et vous êtes incapable de vous regarder dans un miroir.

Vous rejetez la responsabilité de votre laideur sur tous ceux que la Tunisie compte de valeureux et qui sont la fierté de notre pays; vous déversez alors votre fange sur les Kamel Jendoubi, Khemaies Chamari, Souhayr Belhassen, Khedija cherif, Moncef Marzouki, Sana Ben Achour, Radhia Nasraoui, Naziha Rjiba, Ahmed Ounaies, Mohamed Abbou, Taoufik Ben Brik, Slim Bagga, Raouf Ayadi, Mokhtar Trifi, Hamma Hammami, Omar Mestiri et tant d’autres encore.

La valeur de ces éminentes figures de la Tunisie libre est reconnue au-delà de nos frontières et nombre d’entre eux sont portés à la tête de prestigieuses organisations internationales, comme Souhayr Benhassen, présidente de la FIDH ou Kamel Jendoubi, président du réseau Euromed que vous avez privé de passeport et l'empêchant de pleurer son père sur son tombeau. Même d’anciens hauts responsables de cet Etat que vous prétendez servir, n'ont pas été épargnés par votre obsession de tout salir.

Vous avez poussé l’impudence jusqu’à vous attaquer de façon abjecte à Om Zied, une écrivaine qui a plus de fans en Tunisie et ailleurs que toutes vos stars de la politique et du showbiz réunis. Votre lamentable description de sa prétendue «laideur» et «vieillesse» ne peut atteindre son beau sourire de Joconde, ni le charme qu’elle diffuse lorsqu’elle prend la parole; une parole vraie qui dénude votre dictature hideuse. Une parole qui va droit aux cœurs et aux esprits sans recourir au fard. Une parole vraie qui éclipse toutes celles que vous soudoyez en dilapidant les fonds publics par dizaines de millions de dinars pour maquiller votre image.

Ces pauvres hères que vous exhibez

Pourtant, il y a quelques mois, vous sembliez innover avec la mise en avant de quelques uns de nos anciens collaborateurs pitoyablement exhibés aux fins de révéler une prétendue face cachée.
Vous en aviez tant fait pour nous dénigrer et attenter à la réputation des militants de Kalima et du CNLT que vous aviez épuisé la marge de crédibilité nécessaire à toute entreprise de désinformation; Car cette tâche requiert une subtilité et un art dans le dosage du mensonge par rapport à la vérité que vous ne possédez même pas; Vous avez ainsi fait preuve de médiocrité jusque dans l'imposture; c’est pourquoi je vous invite à prendre quelques leçons chez les experts de l’ex-Union soviétique.

Vous avez, en effet, habilement réussi, appuyés sur les formidables moyens qu’offre la puissance publique, à infiltrer nos cercles proches, y plaçant vos agents pour des périodes plus ou moins longues. La thèse reprenait les litanies ressassées jusqu’à la corde d’un engagement destiné à servir un enrichissement personnel, d’une quête effrénée pour la célébrité ou la soif de pouvoir.

Votre dépit se manifeste, cependant, à travers tous les actes de cette mauvaise comédie. C’est ainsi que nous sommes pris à partie, pêle-mêle, pour notre influence, nos prestations télévisuelles, nos écrits, les distinctions internationales reçues, notre aptitude à nous déplacer à l’étranger et à y séjourner et même nos sourires et une «éternelle jeunesse»!

Les «révélations», «poignantes et sincères», avaient de quoi abuser un public crédule, à la conscience émoussée, lecteur de Alhadath, Likolennas, Assarih, Echourouk, Al Moulahidh et autres torchons financés par vos services; cependant, l’écrasante majorité des Tunisiens, perspicaces et dotés de bon sens, ont vite décelé les erreurs de casting hilarantes.

Ainsi, de pauvres hères se plaignant d’avoir été «exploités et payés pour un salaire de misère» (tout en jurant la main sur le cœur ne rechercher que l’engagement militant), s’offrent des tournées de princes à l’étranger et impriment leur «littérature» à des tirages gigantesques (à compte d’auteurs n’est-ce pas?). Ces représentants d’une jeunesse aux conditions sociales difficiles, s’affichent en costume-cravate, tenue de rigueur des milieux qu’ils prétendent représenter!

A qui bénéficient les financements suspects?

Les observateurs avisés n’ont pas manqué de relever ces contradictions flagrantes qui ont fait tourner votre mayonnaise. Comment faire passer le Conseil National pour les Libertés en Tunisie, votre bête noire depuis douze ans, pour une «institution virtuelle qui n’existe pas dans la réalité» et prétendre que ses permanents y ont été soumis à des cadences de travail infernales durant huit années, souvent obligés à des heures supplémentaires?

Des diplômés maltraités et humiliés, mais affirmant avoir été souvent délégués à l’étranger pour y représenter l’institution. Des responsables absents du pays mais pouvant exercer un harcèlement constant!
On considère les organisations internationales des droits de l’homme comme «suspectes», mais on les sollicite pour faire la lumière sur le bien fondé des projets qu’elles financement. Des «militants» prétendant s’être engagés dans le CNLT et Radio kalima, mais s’offusquant d’avoir été impliqués dans leurs activités «illégales»!

Les grosses ficelles dominent le scénario. Partis pour mettre en cause notre «cupidité», vous vous retrouvez à pointer «l’exagération de la réalité», sa «déformation», nos communiqués «agressifs», notre «négation des progrès accomplis» ou l'éternelle «politisation» des droits de l’homme et à stigmatiser la logique de soutien des organisations internationales et la «confrontation avec le pouvoir». Surtout, vous tenez à nous dénier tout droit de «dénoncer les questions de malversations financières».

Vos faussaires, trop sûrs de leur affaire, pensaient disposer de quelques pièces maitresses dûment maquillées et refilées à ces acteurs d’un jour, vite embrouillés dans les données: incluant une somme de 89.000$ dans un budget annuel de 30.000$, après avoir claironné précédemment que celui-ci se montait à 1 million d'euros. Il leur a échappé qu’il était peu vraisemblable d’imputer un salaire de 18.000$ sur un budget global de 30.000$, violation des normes les plus élémentaires de gestion financière.

Ils ont également imputé un financement de 57 870 USD versés par une autre «partie suspecte», le PIDC, qui n’est autre que le programme de l’UNESCO dédié aux médias pluriels. Radio Kalima a effectivement soumis un projet d’un montant de 57 870 USD à ce programme qui avait été approuvé par les experts du département communication ; en fin de parcours, il a été soumis pour approbation à un conseil formé des Etats où siège évidemment la Tunisie. Le représentant tunisien a opposé son veto à une subvention à Radio Kalima, celle-ci a été en conséquence refusée et le projet non abouti.

Vos services se sont rabattus sur des faux fabriqués à partir de données subtilisées de nos ordinateurs portables lors de la glorieuse agression menée par vos dizaines d’agents, le 3 mars 2008, au port de La Goulette. Enfin, tout cela nous laisse assez loin du million d’euros annuels.Ces manipulations peuvent toujours impressionner un public non averti, mais qui portera crédit à l’affirmation grotesque de l’association des israéliens au Groupe arabe sur l’observation des médias en période électorale? Ou à celle, loufoque, qui nous attribue le soutien de l’USAID, du MEPI ou de la NED? Nous vous défions d’apporter ne serait que l’ombre d’une preuve de tels financements.

Vous savez pertinemment que notre indépendance est inaliénable et que nous n’accepterons jamais de partenariat avec des parties qui ne partagent pas avec nous un socle de valeurs. Par contre nous nous permettons de relever que VOS associations satellitaires ont reçu et continuent de recevoir des fonds non seulement de ces organismes que vous qualifiez de «suspects», mais encore du Pentagone, c'est-à-dire de l’armée américaine depuis 2004, en pleine occupation de l’Iraq, comme l’UNFT ou BASMA, dirigée par Leila Ben Ali et qui non seulement dilapide l’argent public, mais encore construit ses luxueux locaux sur des terrains appartenant au patrimoine archéologique classé par l’UNESCO.

Nous avons nos partenaires et vous avez les vôtres

Ce qui vous insupporte, en fait, c’est que ces défenseurs aient mis en échec votre dispositif d’étranglement et d’avoir constitué une référence crédible à l’échelle nationale et internationale.

Le CNLT -dont l’existence «virtuelle» vous cause bien des tracas- a produit un contre rapport au Comité des droits de l’homme de l’ONU qui a servi de base à de sévères critiques sur les violations des droits humains en mars 2008, ainsi qu’un autre rapport de suivi en juillet 2009; Il a fait de la lutte contre la torture sa priorité; il a réalisé un documentaire sur la torture pratiquée par vos services; il a dressé une liste de tortionnaires que vous protégez; il a produit des éléments qui ont contribué à faire condamner à Strasbourg votre subordonné Khaled Ben Saïd (huit ans de prison par contumace) ; Il se trouve que nous pensons que les victimes de la torture sont plus tunisiennes que leurs bourreaux et que le devoir patriotique exige d’assurer leur protection, même si dans votre dictionnaire, cela s’appelle «trahison».

Le CNLT a également produit, en collaboration avec d’autres ONG indépendantes, un rapport d’observation des médias durant les élections d’octobre dernier qui a mis a nu votre monopole sur les medias(97,14% de l'espace alloué à votre campagne); il a dénoncé vos abus auprès des institutions régionales (Union Africaine, Union européenne) ainsi que dans les pays européens. Il travaille en étroite collaboration avec les ONG internationales (comme la FIDH, le REMDH, OMCT, RSF, AI, Frontline, IFEX…) afin de promouvoir les droits humains. Il est vrai que le tableau de vos performances qu’il présente n’est pas très attrayant et c’est ce qui vous irrite le plus et que vous appelez «atteinte à l’image du pays».

Nous vous répondons que c’est vous qui salissez l’image du pays; c’est la fraude électorale massive, dont vous êtes devenus la référence mondiale, qui fait honte à nos citoyens et sape notre image. Votre censure bâillonne les ressources intellectuelles de notre société et vos médias de propagande sont une insulte à l’intelligence des Tunisiens. Déchirer le voile opaque qui couvre les activités véreuses de vos proches contribue à l’intégrité de l’économie nationale.

Vous avez vos partenaires étrangers auxquels vous allouez une part de nos précieuses ressources en devises, soustraites aux besoins les plus pressants de nos jeunes diplômés chômeurs. Vous achetez à des tarifs prohibitifs des officines de lobbying pour farder votre image. Ces parties partagent avec vous l’objectif de maintenir notre peuple dans l’arriération et sous tutelle. Ils développent des conceptions postcoloniales prétendant que les régimes autoritaires sont les seuls qui conviennent à nos sociétés arabes qu’ils jugent indignes d’élections honnêtes, de presse libre ou de justice indépendante.

Est-ce notre jugement qui vous fait tant peur?

Nous n'avons face à votre puissance régalienne que notre autorité morale. C’est vous qui tenez en main tous les centres de décision, qui disposez sans contrôle des ressources publiques, qui accordez les marchés et les licences, signez les accords, privatisez les entreprises publiques, déclassez les terrains protégés. C'est vous qui donnez le feu vert pour que les marchandises non aurorisées entrent et sortent sans contrôle des services de douane. C’est vous qui contractez les prêts, hypothéquez nos biens et vous soumettez aux diktats des institutions financières internationales… est-ce notre jugement qui vous fait tant peur ?

Depuis plus de vingt ans vous avez systématiquement détruit nos sources de revenus pour tenter, vainement, de nous faire renoncer à notre engagement. Vous en avez tiré une certitude que nous ne sommes pas faits de la même argile. En 2006, à la suite de nos écrits sur la célèbre affaire des bateaux de luxe volés en Europe -acte hautement patriotique- vous avez réagi en initiant des représailles fiscales contre nous. Un des agents chargés d’imposer ces sanctions, désorienté de ne rien trouver à se mettre sous la dent (ni maison, ni voiture, ni compte en banque…), s’était exclamé: «comment arrivez-vous à survivre?»

Oui, nous survivons depuis onze ans grâce à Dieu et à la solidarité. On ne s’est pas enrichis, car cela ne fait toujours pas partie de nos priorités. Nous n’avons rien à cacher. Nous sommes disposés à nous présenter devant un jury d’honneur pour répondre à vos accusations malhonnêtes, bien que n’ayant jamais eu aucun rapport avec l’argent public.

Vous vous êtes engagés, il y a vingt deux ans, à publier un état du patrimoine des détenteurs de responsabilités publiques. Comme vous tenez toujours parole, je vous demande de publier le vôtre et celui de vos proches, à l’heure actuelle et ce qu’il était il y a vingt deux ans.
Puisque la transparence est votre souci, auriez-vous le courage de publier les comptes du 2626, les rapports de la Cour des comptes, le rapport financier du RCD, celui de l’association de bienfaisance Besma, les conditions de cession des sociétés publiques?

Je suis certaine que vous n’aurez aucun inconvénient à faire toute la lumière sur l’acquisition des propriétés nouvellement acquises par vos proches, dont la construction gigantesque de Sidi Bou Saïd, contigüe au château d’eau de la SONEDE; Vous ne rechignerez certainement pas à rendre publiques les conditions de privatisation de la société Ennakl, la cession des actions de l’Etat dans la société Nestlé Tunisie. Enfin, les conditions d'attribution de la téléphonie à Orange? Et vous n’aurez aucune gêne à montrer que vos proches s’acquittent convenablement de leurs redevances fiscales.

Loyauté à la Tunisie, pas à votre régime

La Trahison de la Tunisie que vos mercenaires de la plume reprennent comme une litanie, c’est exactement ce que nous nous vous reprochons!
Lorsque nous dénonçons les injustices sociales, le clientélisme de votre parti, la corruption, la torture, le pillage des biens publics, les passe-droits, les violations des droits des citoyens, le chantage au passeport….etc, c’est précisément parce que nous avons une toute autre idée de la République et que nous ne nous résignons pas à la voir partir en lambeaux en toute impunité.
C’est par fidélité à la Tunisie que tous ces défenseurs vous combattent ; c’est pour restaurer ses acquis et ses valeurs qu’ils exposent leur liberté, leur sécurité et leurs biens à la rapacité de votre machine policière.
Notre loyauté va à cette Tunisie que nous aimons et défendrons sans répit, pas à votre régime qui l’a prise en otage et pillée.
Enfin, sachez que votre acharnement nous honore. Votre courroux nous stimule et nous rassure sur la validité de nos choix. Vous pouvez promulguer vos lois liberticides, installer vos tribunaux d'inquisition et dresser vos potences, nous poursuivrons notre chemin avec la même sérénité et la même foi en la justesse de notre cause; quant à vos hyènes hystériques et leurs calomnies, on ne les élèvera jamais au-dessus de notre dédain.

Sihem Bensedrine

2. 20/01/2010

L’opposition tunisienne réclame une seconde république

A l’occasion du cinquantenaire de la république proclamée le 25 juillet 1957, les principaux partis de l’opposition tunisienne se serrent les rangs pour réclamer d’une seule voix l’instauration d’une deuxième république. Il s’agit là d’une première dans les rapports entre les composantes de l’opposition qui intervient deux jours avant une visite officielle du président français Nicolas Sarkozy en Tunisie, dans le cadre de sa première tournée dans les pays du Maghreb depuis son arrivée à l’Elysée.

Deux partis légaux le Parti démocratique progressiste (PDP) et le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL) ont appelé à une « conférence nationale pour la République » prévue aujourd’hui (samedi 7 juillet) au siège du PDP à Tunis, mais le Parti des ouvriers communistes de Tunisie (POCT) et le mouvement islamiste An-Nahdha sont également partie prenante de l’initiative, avec des personnalités de la société civile.

Cette action a été décidée dans le cadre de la « Collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés », instance fédératrice des principales composantes de l’opposition créée à la suite de la fameuse grève de la faim menée par huit figures de la société civile à l’occasion du Sommet mondial de la Société de l’information (SMSI) tenu à Tunis en octobre 2005.

Au bout de moultes amendements visant tantôt à gratifier de le Président Habib Bourguiba d’une présidence à vie (18 Mars 1975), tantôt à supprimer toute limitation du nombre des mandats présidentiels au profit de son successeur Zine El-Abidine ben Ali (mai 2002), la Tunisie n’a connu en cinquante ans que deux présidents. Le parti au pouvoir s’est d’ores et déjà engagé dans une campagne conjurant l’actuel président à briguer un cinquième mandat de cinq ans en 2009. Les élites tunisiennes réclament une nouvelle constitution qui établirait une véritable séparation des pouvoirs et l’institution d’une cour constitutionnelle qui veille à la conformité des lois aux principes constitutionnels.

3. 20/01/2010

14.03.2009
UN GRAND LEADER DE L’OPPOSITION TUNISIENNE AUX PÂQUIS
Il y a des jours où c’est comme ça, on se dit que les grandes rencontres sont prédestinées. Mon interview sur le professeur de français, d'origine neuchâteloise, de Lénine vient de s’achever. Je suis au feu rouge, à l’angle de la rue de Berne, rue des Alpes, entrain d’attendre qu’il passe au vert. Sur ma droite, je reconnais un ami accompagné d’une grande figure de la classe politique tunisienne, leader de l’opposition, Dr Mustafa Ben Jaafar. Nous nous arrêtons quelques minutes, nous discutons, je regarde avec admiration cet homme militant de la première heure et engagé depuis toujours et qui sans relâche continue à défendre les vraies valeurs démocratiques.

Contrairement à certains qui font plus “allégeance au parti qu’opposition”. Dr Mustafa Ben Jaafar représente le vrai parti d’opposition . Néo- destourien, issu d’une famille nationaliste, il s’engage très tôt dans le parti néo-destour qu’il quittera en 1970 pour un parti démocratique tunisien. Président du parti Forum Démocratique pour le travail et les libertés en Tunisie, il est membre de l'internationale socialiste.

Ce grand leader a été invité à donner conférences et interviews à Genève: à la maison de quartier des Pâquis, à Léman Bleu , au journal le Temps. De manière calme et posée, il retrace les années de Bourguiba et enchaîne sur celles de Ben Ali, il brosse un portrait de la situation économique politique et sociale de la Tunisie.

“On espérait une ouverture dès le 7 novembre 1987 avec l’arrivée au pouvoir de Ben Ali, déception, depuis lors il sert son parti et non le peuple tunisien." Opposition bafouée, libertés fondamentales et liberté d'expression entravées. A s’exprimer si ouvertement risque-t-il pour sa vie demande Décaillet, Dr Ben Jaafar répond laconique : “Si je risque quelque chose, ce n’est pas mon affaire.”
Développement économique contre liberté individuelle. L’Exception Tunisienne et son pluralisme de façade, en réalité ni débat ni liberté d’expression. On aurait espérer de vraies institutions démocratiques, mais la responsabilité du peuple est aussi de porter son choix
sur une élite dirigeante dont la culture serait ouverte au débat démocratique. Bâtir un avenir commun. Quant au soutien de l’Europe ? Parlons plutôt de compromission.


La situation du bassin minier de Gafsa en est pour preuve de ce muselage de l’opinion, de la répression à l’encontre d’une population qui ne demande que du travail. Syndicalistes emprisonnés, région bouclée, nul ne sort ou entre sans être contrôlé et interrogé, aucun journaliste étranger n’a été admis durant les manifestations de révolte. Silence ! On tue.
Tout commence le 5 janvier 2008, dans cette région d’une pauvreté extrême, dont la seule infrastructure est une ligne ferroviaire servant au transport des phosphates, dont la Tunisie est le 4ème producteur mondial. Ce jour-là, des jeunes chômeurs diplômés en quête d’un emploi contestent la validité du concours d’embauche ouvert par la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), principal employeur de la région. C’est le début d’un mouvement de protestation et de solidarité qui va en s’amplifiant de mois en mois, malgré la répression policière musclée et en dépit des vagues d’arrestations de manifestants et de dirigeants syndicaux. La révocation, au cours de l’été, par le chef de l’Etat tunisien Ben Ali de plusieurs notables et son engagement d’améliorer la situation économique de la population du bassin minier de Gafsa, encore à l’état de promesses, ne suffisent pas à rétablir le calme.

Mais tout le monde sait que cette région du Sud connaît depuis toujours une capacité de résistance sans précédent, elle est le foyer des grands mouvements de résistance avec pour modèle Lazhar Chraïti, entre autres, héros de la résistance nationale, lui-même ancien mineur dans les mines de phosphate. La seule issue possible à cet important mouvement de contestation légitime sera le dialogue.

38 dirigeants syndicalistes sont condamnés jusqu’à 12 ans de prison pour “association de malfaiteurs.” On leur reproche de “ternir l’image de marque de la Tunisie de Ben Ali !”

Image que Ben Ali détériore à l'envi, il s’en charge bien tout seul et peut largement compter sur ses proches qui y participent activement à entamer sa réputation déjà bien fragile. Corruption, vols, souvenez-vous de l’affaire de yachts volés par les neveux de l’épouse du président et dont l’ un des yachts appartenait à Bruno Roger patron de la banque d’affaire Lazard ami de Jaques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Ben Ali ne semble plus être à même de répondre à l’urgence exprimée par la population de Gafsa minée par le chômage ainsi que celle du pays tout entier. Il paraît tout aussi incapable de faire cesser le pillage, le chantage et les malversations de toutes sortes de son entourage proche qu’il finit lui-même par craindre. Ceci nous laisse songeurs, mais qui dirige donc la Tunisie, aujourd'hui, pour autant qu'on puisse appeler cela diriger ?

Enfin, espérons que les élections amèneront le vrai changement, tant promis et toujours attendu, et ce mené par un vrai leader charismatique.

Dr Mustafa Ben Jaafar futur président de la Tunisie ? Son parti pense sérieusement à le présenter comme candidat, souhaitons-lui ainsi bonne chance contre celui qui remporte habituellement les élections à 99, 99% des voix, ce qui permet à certains qui ne manquent pas d'humour de surnommer Ben Ali, Ben à vie .

Djemâa Chraïti

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